Au camping, dans les stationnements, sur la route, partout nous pouvons lire la devise «Je me souviens» sur les plaques d’immatriculation. La présence des Québécois n’est pas surfaite. Notre présence francophone avec notre accent est omniprésente. De façon générale ce n’est pas dérangeant. Les gros colons existent surement mais nous ne les avons pas encore rencontrés. Mais des gros colons il y en a dans tous les groupes de la société. Je suis convaincu que ce n’est pas typiquement rien que de «chez-nous». Mais là je sens que je m’aventure sur un terrain glissant. Il semble que nous n’avons plus le droit de parler de «NOUS» sans se faire accuser de racisme, de xénophobie. Mais si nous ne sommes pas «NOUS» qui sommes nous? Sommes-nous vous? Et si nous sommes vous, sommes nous saouls? À moins qu’on soit fou? Ouf! J’arrête je suis tout mêlé… Que sais-je?
C’est à cette question que je voulais répondre quand je me suis retrouvé ici à Pompano Beach le temps d’un hiver de ma jeunesse. Me v’là bien avancé 39 ans plus tard. Je mesure la distance parcourue, mes rencontres, ma vie, Pauline, Véronique, les petites, et tout le reste. Je suis fier. Je me pose moins la question : Qui suis-je? Aujourd’hui je m’interroge différemment sur le sens de la vie. Mais je m’interroge toujours.
C’est Jean Gabin qui a dit
«Maintenant JE SAIS, JE SAIS QU'ON NE SAIT JAMAIS ! La vie, l'amour, l'argent, les amis et les roses On ne sait jamais le bruit ni la couleur des choses C'est tout c'que j'sais ! Mais ça, j'le SAIS... !»
